 | > Bonjour Jeudi 17 mai 2012 |
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Quels sont les missions du chef de studio ?
Chez Hatier, elles sont nombreuses. Cela commence par la réalisation d'un devis prévisionnel par ouvrage pour les nouveautés à paraître l'année suivante. Ceci à la fois en pré-presse, et en presse, c'est-à-dire jusqu'à l'impression finale de l'ouvrage. Ensuite, nous établissons le planning ce qui implique aussi des réservations auprès des fournisseurs. Les manuels de tous les éditeurs s'imprimant au même moment, il s'agit de ne pas perdre sa place. Nous achetons également des prestations, telles des réalisations de dessins techniques. Enfin, nous contrôlons les factures.
Comment procédez-vous pour élaborer un devis ?
Pour établir un devis nous recevons de la part des éditeurs une fiche signalétique de chaque ouvrage. Elle comporte son format, son nombre de pages, son tirage, son façonnage : dos carré collé, broché ou piqué. Nous rentrons toutes ces données dans un logiciel pour en ressortir un prix sur la base de tarifs négociés et du prix prévisionnel du papier.
Qui sont vos interlocuteurs ?
L'établissement du devis se situe en amont de notre cœur de métier qui est la relation entre les différents acteurs, de la conception d'un ouvrage. Ils sont nombreux : saisisseurs, maquettistes, iconographes, illustrateurs et photograveurs. Ainsi c'est nous qui assurons, en accord avec le responsable du service pré-presse, la répartition des réalisations d'ouvrage entre maquettistes internes et studios externes. Préalablement, nous faisons aussi appel à des saisisseurs pour la frappe des manuscrits.
Arrive-t-il que des auteurs vous remettent encore des manuscrits au sens propre du terme ?
Cela arrive surtout en sciences, lorsque les enseignants ne disposent pas des outils nécessaires pour saisir les caractères mathématiques. Mais tout dépend de l'auteur et de ses connaissances en informatique. Là aussi, nous repérons par expérience, les ouvrages qui vont nécessiter un travail supplémentaire pour leur mise en forme.
Vous collaborez également avec le directeur artistique et le service iconographie.
Oui, le directeur artistique joue un rôle essentiel dans le choix des couvertures de nos manuels, de leur ligne graphique, en étroite collaboration avec les iconographes. De plus un ouvrage comporte aussi de nombreuses illustrations plus ou moins techniques, comme des diagrammes ou des cartes. À partir du gabarit donné par le maquettiste et les données à créer, nous négocions un prix avec les illustrateurs.
Vous avez une mission de rappel à l'ordre ?
Pas exactement. Tous les quinze jours, sous l'égide du directeur de la coordination éditoriale des Éditions Hatier, nous avons des réunions dans lesquelles sont invités tous les intervenants. C'est-à-dire le responsable éditorial, le responsable de secteur, ainsi que l'iconographe si besoin est. Ces réunions rapprochées suffisent à faire prendre conscience à chacun des dérapages. Il en est de même pour le budget de chaque livre. Nous essayons de trouver tous ensembles les meilleures solutions pour tenir les délais et les coûts.
Notre mission est donc de suivre l'ouvrage jusqu'au bout, du manuscrit au traceur (N.D.L.R. : anciennement ozalid). Nous effectuons plusieurs niveaux de vérification, non pas sur le fond, mais sur la forme. Le texte n'a-t-il pas chassé (déplacé dans la page) ? La légende est-elle en place ? A-t-on pensé à mettre une échelle sur la carte de géographie ? L'image est-elle en haute résolution ?
Vous retournez le manuscrit en maquette après chaque vérification ?
Pour ne pas perdre de temps, il nous arrive d'intégrer les dernières corrections aux fichiers avant leur départ à l'impression. Ça fait aussi partie de notre travail.
Votre métier n'est-il pas apparenté à celui d'un chef d'orchestre ?
Si l'on veut, ou chef de trafic dans la publicité. En fait, c'est l'un des aspects de notre travail : donner le rythme, c'est-à-dire faire respecter autant que possible le planning des ouvrages.
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